Le Ministère des PME en zone de turbulence : Un bilan mitigé neuf ans après sa création
Publié le 6 octobre 2025 | Analyse & Politique
Image suggérée : Une photo illustrant la difficulté administrative (piles de dossiers) ou un véhicule 4x4 à l'arrêt, pour illustrer le manque de moyens logistiques.
Bangui – Alors que le secteur privé est présenté comme le moteur de la relance, le Ministère censé le piloter semble être en panne de carburant. Neuf ans après sa création en 2016, le Ministère des PME et de la Promotion du Secteur Privé fait face à une crise de moyens qui inquiète les observateurs.
C'est un constat amer qui ressort d'une analyse récente de la situation institutionnelle. Malgré la bonne volonté des agents, le Ministère peine à remplir ses missions régaliennes. Les problèmes sont structurels et profonds.
Des freins logistiques et financiers
Le manque de moyens matériels est criant. L'absence de véhicules de service empêche les équipes de se rendre sur le terrain, coupant ainsi le lien vital entre l'administration et les entrepreneurs en province. Comment soutenir ce qu'on ne peut pas visiter ?
Plus grave encore, des projets phares sont au point mort. Le Fonds national de garantie, outil indispensable pour rassurer les banques et débloquer le crédit pour les PME, tarde à se matérialiser. De même, la relance du CAPMEA (Centre d'Assistance aux Petites et Moyennes Entreprises et à l'Artisanat) reste un vœu pieux faute de ressources allouées.
L'impact direct sur la compétitivité nationale
Jean-Paul Ninguia, chargé de mission au ministère, n'a pas caché la gravité de la situation. Selon lui, cette impuissance étatique handicape lourdement les PME locales. Livrées à elles-mêmes, elles peinent à faire face à la concurrence étrangère, souvent mieux structurée et mieux soutenue.
Pour le CPMEC, partenaire clé du ministère, ces faiblesses institutionnelles sont un frein direct à ses propres actions. L'organisation plaide pour un sursaut budgétaire et politique afin de redonner au Ministère les moyens de ses ambitions.